Entretien croisé volontaire/tutrice : Lilou et Carole du CPIE des Pays Tarnais

Lilou a été la 1ère volontaire en mission de Service Civique Écologique dans le cadre du nouvel agrément collectif du réseau des CPIE. Avec son accent chaleureux du sud-ouest, elle nous partage les 10 bonnes raisons de réaliser une mission dans un CPIE. A ses côtés, Carole, responsable du pôle EEDD et transition écologique et tutrice expérimentée, témoigne de l’intérêt pour un CPIE d’accueillir des volontaires.

 

Lilou tu as commencé ta mission le 13 octobre 2025 au CPIE des Pays Tarnais, situé à Réalmont, dans le Tarn, une commune de 3500 habitants.

Pour commencer peux-tu nous dire pourquoi tu souhaitais faire un service civique et comment tu as connu le CPIE ?

Je voulais faire un service civique après mes études pour gagner en expérience, m’aider à me projeter et à mettre un pied dans le monde du travail. J’avais déjà entendu parler du CPIE mais je ne connaissais pas vraiment l’association. J’ai regardé leur site internet, ça m’a intéressée, donc je leur ai envoyé un mail… et ça s’est fait naturellement.

#1 – Gagner en expérience dans le domaine de l’environnement

Carole, qu’est-ce qui a amené le CPIE à mobiliser un volontaire ? Quel était l’objectif initial de la mission ?

Comme le CPIE accueille régulièrement des volontaires depuis plusieurs années, je faisais partie du groupe de travail sur l’agrément collectif. On réfléchissait à une mission qui soit à la fois sur les animations scolaires et territoriales, notamment avec des golfs sur les enjeux de biodiversité, et un peu d’appui à la communication.

L’agrément collectif est arrivé et en même temps on recevait le mail de Lilou : « bonjour, je voudrais faire un service civique chez vous ». Donc je n’ai même pas eu le temps de rédiger l’offre.

Une temporalité parfaite ! Comment se sont passées l’arrivée et l’intégration de Lilou dans l’équipe ?

Lilou : l’équipe a était hyper accueillante, on m’a tout de suite mise à l’aise. Je me suis intégrée vraiment facilement.  Ma 1ère mission était sur la mallette du goût, créée pour des animateurs du périscolaire.

Carole : L’intégration s’est bien passée parce que Lilou est arrivée sans stress, elle a eu le bon positionnement, la bonne attitude avec l’équipe. C’était facile de discuter avec elle.

Le jour de son arrivée, on lui a filé pas mal de lecture pour qu’elle prenne conscience de la dimension partenariale de nos interventions. Lilou n’avait jamais travaillé en association ni même été bénévole. Donc c’était important qu’elle comprenne ces spécificités.

#2 – Découvrir le secteur associatif

Carole : par la suite, à chaque réunion d’équipe, on a pris le temps de faire le programme avec Lilou et l’équipe pour la semaine suivante, en fonction des animations prévues des uns et des autres. Au final, toute l’équipe a accompagné Lilou. Elle a pu voir comment on fonctionnait en collectif.

Lilou : les temps off sont aussi très collectifs. J’ai eu la possibilité d’échanger avec plein de gens de l’équipe et d’apprendre à les connaître.

#3 – Être en collectif

Cette mission a donc été l’occasion pour toi de découvrir le monde associatif. Qu’est-ce qui t’a marqué ou étonné par rapport aux autres expériences que tu as pu avoir ?

Lilou : Par rapport aux stages en entreprises que j’ai faits, j’ai l’impression que les personnes aux CPIE donnaient plus de leur temps. Vous échangez plus, la prise de décision est plus collective. Il y avait aussi des similitudes car vous êtes tous salariés [NB : le CPIE des Pays tarnais compte peu de bénévoles]. 

Peux-tu nous donner des exemples d’activités que tu as été amenée à faire pendant ces 8 mois ?

Lilou : J’ai fait pas mal d’animations pour les scolaires sur différents sujets selon les membres de l’équipe avec lesquels j’étais. Par exemple sur l’alimentation ou les énergies renouvelables….

Ça se traduisait surtout par des jeux pédagogiques. J’ai utilisé des caméras thermiques ou des modèles miniatures d’éoliennes. Les animations étaient toujours bien ficelées ; je les ai vraiment toutes appréciées. Même sur les énergies renouvelables, je pensais que j’allais moins apprécier et au final, il y avait plein d’expériences à faire, c’était super.

Tu étais déjà intervenue auprès de scolaires ?

Lilou : J’ai fait beaucoup de judo et comme j’étais impliquée dans l’organisation des compétitions, j’ai géré par mal de groupes d’élèves. Donc le contact avec les jeunes, je connais. Et puis ma maman est nounou alors il y a toujours des enfants à la maison.

#4 – Découvrir un panel de thématiques environnementales  

Tu as également été amenée à participer à l’accompagnement de golfs. En quoi cela consistait ?  (NB : le CPIE accompagne deux golfs pour l’obtention d’un label biodiversité)

Avant tout pas mal d’inventaires, surtout de la faune. On y a repéré le milan noir, des écureuils, plein de tortues de Floride (espèce exotique envahissante), ou encore des hirondelles qui sont sous protection stricte, et bien d’autres espèces encore. J’ai aussi utilisé un sonomètre pour réaliser un diagnostic sonore.

Côté sensibilisation, j’ai créé un jeu de cartes où il fallait associer des images d’oiseaux présents sur le golf avec leurs noms et les lieux de nidification. On s’en est servi pour sensibiliser les golfeurs. J’ai également fait un jeu avec 3 espèces d’amphibien et plusieurs anecdotes pour chacune d’entre elles.

Carole : le jeu est accessible et rapide à faire. On le réutilisera sur des stands grand public, comme pour la Fête de la nature…

#5 – Aider à protéger des espèces sous protection stricte

J’ai cru comprendre que vous aviez rencontré quelques difficultés de mobilisation les deux golfs que vous avez pu accompagner...

Lilou : (rire) On a eu du mal à instaurer le dialogue avec le premier golf. Avec Carole, on a fini par se rendre directement sur place. On a bien fait : on s’est rendu compte que ce n’était pas parce qu’ils n’avaient pas envie, c’est juste que le directeur était surbooké. La suite a été plus simple : le fait qu’on se déplace a levé les freins.

Pour l'autre golf, c'est plus difficile. La gouvernance n'est pas totalement convaincue par l'impact bénéfique de l'accueil de biodiversité dans les golfs et voit plutôt cela comme une contrainte…

#6 – Gagner en expérience dans le dialogue avec des acteurs locaux

Qu’avez-vous particulièrement apprécié au cours de ces 8 mois ? Y a-t-il un moment ou une journée que vous retenez tout particulièrement ?

Lilou : La journée d’équipe, peu après mon arrivée ! On a fait un cours de percussions tous ensemble. On a beaucoup rigolé, j’ai adoré.

#7 – Partager des moments conviviaux avec l’équipe

Carole : c’est vrai. De mon côté j’ai beaucoup aimé la journée de la Fabrique de Drôle de Planète. C’est un événement qui clôture l’année, pendant lequel on organise plein d’ateliers pour le grand public sur la biodiversité, la santé-environnement, la consommation, le DIY... Toute l’équipe était mobilisée ainsi que Lilou. C’était un dimanche fin 2025, peu après son arrivée, ça a été très fédérateur.

Ce que j’ai bien aimé aussi dans cette mission c’est la manière dont on a fait confiance à Lilou. Par exemple, dans le projet qu’on mène avec le CAUE sur les cours d’école (1,2,3 fraîcheur), on a fait des réunions ensemble avec Lilou et à un moment où je n’étais finalement pas disponible je lui ai proposé d’y aller seule. Cela s’est très bien passé ; c’était chouette de voir cette évolution dans son parcours.

Lilou : on m’a très vite fait confiance, j’ai vraiment apprécié. Je me suis sentie libre de prendre des initiatives. Par exemple pour les animations, on m’expliquait les objectifs pédagogiques et après je réalisais l’animation ou le jeu à ma façon.

#8 – Gagner en autonomie, prendre des initiatives

Comment s’est déroulé l’accompagnement au projet d’avenir, qui fait partie du rôle de tuteur ? Lilou, qu’est-ce que ces échanges t’ont apporté ?

Carole : à partir du début d’année on a pris des temps formels pour échanger sur le projet d’avenir de Lilou. On a travaillé ensemble sur ses compétences et savoir-être.

Lilou : c’était précieux d’avoir un avis extérieur sur cet aspect. Je trouve ça difficile sinon de le faire par soi-même. Et puis Carole, qui voit souvent des CV, m’a aidée sur le mien. Je repars avec un CV clean.

Carole : je lui ai également apporté quelques pistes et des contacts.

Lilou : avant d’arriver au CPIE je savais que je voulais travailler dans la conservation des milieux naturels mais je n’avais pas d’idées précises. Et il me manquait une expérience dans l’animation. C’est ce que ma mission m’a permis d’expérimenter et je voudrais garder cette dimension en l’appliquant à la conservation des milieux. J’avais donc les idées un peu plus claires après quelques mois. Du coup Carole m’a aidée à trouver des contacts dans le secteur. J’aime beaucoup la mer. Alors peut-être continuer dans un CPIE du littoral ?

#9 – Y voir plus clair dans son projet professionnel

Carole, qu’est-ce que cette expérience de tutrice t’a apporté ?

J’ai beaucoup encadré de volontaires dans mes expériences précédentes mais pas toujours de la manière dont j’aurais voulu le faire. Avec Lilou j’ai essayé de faire mieux et ça a été réussi ; ça m’a apporté beaucoup de satisfaction d’un point de vue personnel et professionnel.

Il faut savoir que j’ai moi-même fait un service civique en tant que volontaire il y a quelques années. Je l’avais vécu comme un tremplin pour trouver un travail par la suite et ça a marché. J’avais envie de rendre ce que j’avais vécu en quelque sorte : donner le plus de pistes possibles, aider à acquérir un bagage professionnel et des savoir-être, montrer comment ça peut bien fonctionner en collectif…

Et au CPIE, ou en tout cas au pôle EEDD, qu’est-ce que Lilou a apporté ?

Indéniablement de la fraîcheur, à travers son regard différent, plus neuf. Elle a contribué à la dynamique de groupe car elle a accompagné tout le monde. Elle a fait le lien entre des salarié·es qui sont beaucoup sur le terrain et ne font parfois que se croiser.

#10 – Favoriser la dynamique d’équipe

Lilou, ton service civique se termine à la fin de la semaine. Avec quoi repars-tu au terme de ces 8 mois de mission ?

Pas mal de compétences en animations. Des connaissances aussi : sur les perturbateurs endocriniens, l’alimentation, la biodiversité… Je suis plus au clair sur mon projet professionnel. J’ai appris à connaître plein de personnes super : c’était très riche humainement.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Déjà partir en vacances quelques jours, au bord de la mer bien sûr.

Et à mon retour, chercher activement du travail en commençant par la liste d’associations qu’on a élaborée avec Carole.

Carole, pour finir, qu’as-tu envie de dire à Lilou pour la suite de son parcours ?

Je voudrais déjà la remercier pour ces 8 mois.

Elle a plein de connaissances, de compétences et une super attitude. Elle sait ce qu’elle veut, et ça a été réfléchi ; c’est une force. Il faut qu’elle se valorise et se fasse confiance. Je sais qu’elle va trouver du travail, même si ça prend du temps. Je ne m’en fais pas du tout pour Lilou et j’aurai plaisir à connaître la suite de son parcours.

Et toi Lilou que souhaites-tu dire à Carole pour terminer ?

C’est passé très vite mais on a vécu beaucoup de choses. Je garderai contact et je serai contente d’avoir des nouvelles.

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