Antonin volontaire au CPIE Vallée de l’Orne
A Caen, au CPIE Vallée de l’Orne, Antonin a réalisé une mission de service civique écologique au cours du 1er semestre 2026. Il nous livre le récit de cette « aventure » qu’il aurait volontiers prolongée :
« 6 mois ce n’est pas assez ; j’aurais aimé faire 8 mois ».
« Quand j’ai appris que la mission était pour moi, c’est comme si j’avais décroché un emploi ! »
Le service civique écologique, c’est une de mes professeures qui m’en a parlé. J’ai dû redoubler ma deuxième année de licence en Sciences de la vie et de la terre et de ce fait j’avais un semestre de libre avant de reprendre les cours. Je voulais en faire quelque chose d’utile. Alors je me suis renseigné sur le service civique écologique. C’était forcément dans l’environnement car c’est mon domaine de prédilection depuis tout petit.
J’ai contacté le CPIE Vallée de l’Orne que je connaissais pour avoir déjà participé à des sorties avec eux. Il se trouve qu’au début j’ai commencé par être bénévole pendant quelques semaines. Et comme Anaïs – ma future tutrice – a vu que j’étais plutôt sérieux et que je faisais du bon boulot, elle m’a dit que la mission de service civique était pour moi.
Quand elle me l’a appris, j’ai eu l’impression que c’était comme si j’avais décroché un emploi. Je suis rentré, j’ai appelé ma mère, je lui ai dit, « ça y est, c’est bon, je l’ai ! ». J’étais tellement content ! Et voilà : c’est comme cela que mon aventure a commencé au CPIE.
« Je sais que ce que je faisais allait être utilisé, alors je le faisais bien »
J’ai beaucoup été mobilisé sur la réalisation des Atlas de la Biodiversité Communale (ABC). J’étais en discussion avec les citoyens qui envoyaient des informations sur telle ou telle espèce qu’ils avaient pu observer. Je l’identifiais si je pouvais et je répondais à la personne. Sur certains ABC, j’ai facilement enregistré et classé 400 données que ce soient des plantes, des oiseaux, des amphibiens ou des mammifères. Je me suis appliqué parce que je sais que par la suite les données vont être utilisées pour mettre en place des actions.
Après un temps d’apprentissage je suis devenu autonome pour gérer les boîtes mails des ABC et l’enregistrement des données. Anaïs me faisait confiance. Comme pour la mission hirondelle. J’ai contacté l’agent municipal pour organiser la prospection sur le terrain, réalisé le repérage d’hirondelles sur la commune, fait le compte rendu. Tout ça en autonomie. Ça m’a beaucoup plu.
J’ai aussi fait pas mal d’actions de sensibilisation : tenir des stands, comme au Turfu festival, concevoir des animations, accompagner les sorties terrain... J’ai dû faire au moins une trentaine d’animations, dans des contextes très différents.
Photo d’une Grenouille rousse prise par Antonin pendant son service civique.
« Cela m’a montré à quel point il y a de la vie quand on prend le temps de regarder »
Quand je suis arrivé, il y avait des posters édités par un CPIE illustrant plein d’espèces animales, amphibiens et reptiles notamment. J’en connaissais peut-être 2 ou 3 au début de ma mission. A la fin, j’avais quasiment réussi à tous les repérer. Même le triton crêté ! Je n’en avais jamais vu, j’étais trop content !
Lors d’un relevé de population de vipères péliades, on en a découvert 8 dans la matinée. On les a trouvées au bord d’une route où plein de cyclistes passaient et personne ne les remarquait. Cela m’a montré à quel point il y a de la vie quand on prend le temps de regarder. Même dans une petite mare où on pense qu’il n’y a rien, il y a une vie de fou dedans !
Je peux dire que lors des sorties nature, j’étais « en charge » de trouver les animaux, une grenouille ou un crapaud par exemple, pour les montrer au public. On m’a appris à le faire correctement : je fais ça bien ! Ça rend tout de suite les choses plus concrètes de montrer des espèces animales. Même avec les collégiens qui discutent beaucoup, se chamaillent ; dès qu’ils sont en face d’animaux ils ont les yeux grands ouverts et ils ne disent plus rien.
Comme j’adore la photo animalière, j’ai créé un dossier où j’ai des photos de chaque animal que j’ai pu voir. A chaque fois, il y a la date, le lieu. C’est bien classé parce que je sais que derrière ça va servir. D’ailleurs Anaïs a déjà commencé à les utiliser pour illustrer certains rapports et même pour l’union régionale des CPIE. Quant à moi je m’en suis servi pour créer un quizz pour le prochain service civique !
« L’équipe me donnait envie de venir tous les matins »
J’ai eu la chance de travailler avec des gens passionnés qui ont envie de partager leur passion. Et comme j’avais envie d’apprendre, on s’est très bien entendu.
La botanique ne m’attirait pas plus que ça mais le fait d’en avoir parlé avec des personnes aussi passionnées et connaisseuses, maintenant j’adore. Grâce à eux je sais reconnaître au moins une bonne cinquantaine d’espèces végétales. En fait ça donne envie d’être passionné.
Même les réunions d’équipe sont sympas. Pas mal de personnes ont été formées sur la manière de travailler ensemble. Tout le monde réfléchit ensemble sur les sujets de tout le monde. Il y a beaucoup de bienveillance. Quand j’entends autour de moi comment ça se passe ailleurs, je me dis que j’ai vraiment eu beaucoup de chance.
« C’est impressionnant le réseau qu’on peut se faire »
J’ai rencontré tellement de professionnels pendant cette mission. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de monde qui s’occupait d’autant de choses liées à l’environnement sur le territoire : j’ai l’impression d’avoir ouvert une porte sur un nouveau monde !
Je me suis intéressé aux autres structures du Calvados et de la Normandie. Maintenant que je connais et que je suis un peu dedans, j’ai encore plus envie de s’impliquer. Du coup je suis aussi devenu bénévole pour d’autres associations comme le Groupe mammalogique normand.
« Ce qui m’a rendu le plus fier, c’est la personne que je suis devenue grâce au service civique »
Je n’imaginais pas à quel point j’allais apprendre autant de choses, rencontrer autant de personnes intéressantes. Je suis fier de tout ce que j’ai pu apprendre parce que ça m’a fait grandir, personnellement et professionnellement.
Je souhaite toujours travailler dans le secteur de l’environnement, mais mes objectifs sont plus précis aujourd’hui, plus réfléchis. J’ai gagné en motivation. Je sais vraiment ce que je veux faire et comment je vais le faire : après la licence, je vise le Master Agro-Sciences, Environnement, Territoire, Paysage et Forêt à Caen. Je sais que ce service civique ça va être du plus si j’intègre ce master. J’ai hâte de découvrir la suite.
« Vraiment, si vous avez l’occasion de faire un service civique, faîtes-le ».