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Hélène Decat, directrice du CPIE Quercy-Garonne

Un audit patrimonial réalisé par un stagiaire AgroParisTech dans le Quercy

Dans le cadre de l’accompagnement du PETR du Pays Midi-Quercy dans la définition de stratégies d’adaptation au changement climatique, le CPIE Quercy-Garonne expérimente une nouvelle démarche à travers la réalisation d’un audit patrimonial conduit par un stagiaire d’AgroParisTech.

Interview de Hélène Decat, directrice du CPIE Quercy-Garonne par Alexandra Guitton de l’Union nationale des CPIE




Fin 2024, le PETR du Pays Midi-Quercy a sollicité le CPIE Quercy-Garonne et le RECO – réseau d’expertise sur le changement climatique en Occitanie – pour animer des ateliers lors d’un comité de pilotage de son Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET). Cette initiative a conduit les deux associations à unir leurs compétences pour accompagner la collectivité dans sa réflexion sur l’adaptation au changement climatique, dans le cadre de la révision du prochain PCAET (2027–2032).

Alexandra : Concrètement, quelle a été la proposition du CPIE et du RECO à la collectivité ?

Hélène : Le projet proposé au PETR consiste à déployer la démarche de facilitation de l’action commune dans le cadre de la révision du PCAET. Il débutera par un audit patrimonial et une cartographie des risques climatiques afin d’avoir à la fois une vision stratégique, concrète et localisée de ce qui se joue sur le territoire.

L’objectif étant de mieux appréhender les impacts climatiques sur les activités locales, d’identifier collectivement les leviers de résilience face aux risques climatiques et de coconstruire des actions de transformation qui s’inscriront dans le futur PCAET.

 

Alexandra : Pourquoi avoir choisi de réaliser un audit patrimonial dans le cadre de la révision du PCAET ?

Hélène : Cet outil s’est avéré particulièrement pertinent pour appréhender les enjeux territoriaux en recueillant les perceptions et besoins d’acteurs variés, répondant ainsi pleinement aux attentes du partenaire engagé dans la révision de son plan d’action.
Le projet présentait une belle op
portunité pour le CPIE d’expérimenter la facilitation de l’action collective à l’échelle d’un territoire et d’en mesurer les effets. Enfin, la relation de confiance établie de longue date avec le partenaire a favorisé l’adhésion à cette nouvelle approche.

Alexandra : Comment cet audit patrimonial a-t-il été mené et pourquoi avoir opté pour un stagiaire ?

Hélène : L’audit patrimonial, fondé sur la méthode d’AgroParisTech, doit être réalisé par des personnes formées à cette approche. Il peut être confié à des étudiants dans le cadre de leur formation ou d’un stage encadré par les enseignants. Le format stage de trois mois (juin-août) a été retenu.
Le CPIE a sélectionné Victoire Jouhanneaud (étudiante d’AgroParisTech) parmi trois candidats. Vingt-cinq acteurs ont été audités par cette dernière sur deux mois, et les résultats ont été restitués le 26 septembre 2025. Ce format s’est révélé pertinent, combinant maîtrise des coûts et compétence.

 

Alexandra : Comment le stage a-t-il été financé ?

Hélène : Le stage a été financé à hauteur de 2 500 € par le service Jeunesse et Sport, couvrant les indemnités de stage et les frais de déplacements (carburant essentiellement, une voiture de flotte du CPIE a été mise à disposition). L’hébergement a été pris en charge par la commune ; les frais inhérents à la restitution d’audit ont été financés par le PETR.

 

Alexandra : Quels sont les avantages que présente l’accueil d’un stagiaire pour la réalisation d’un audit patrimonial ?

Hélène : La présence de la stagiaire sur le terrain a favorisé le partage de la méthodologie et une meilleure compréhension des enjeux stratégiques de la démarche par l’équipe du CPIE.

De plus, les entretiens menés directement auprès des salariés du CPIE Quercy-Garonne leur permettent de se familiariser concrètement avec le processus d’audit, d’appréhender la posture et d’en percevoir l’intérêt.

Enfin, le stagiaire, formé à l’approche patrimoniale et encadré par un expert, garantit la qualité et la pertinence du travail réalisé.

 

Alexandra : Quels conseils donneriez-vous aux CPIE du réseau ?

Hélène : La réussite du stage repose sur une préparation autour de quatre points clés :

  1. Instaurer une relation de confiance entre le ou la stagiaire, AgroParisTech et le CPIE, essentielle face à la confidentialité des données et à l’absence d’expertise du CPIE quant à cette démarche.

  2. Adapter le périmètre du sujet, le territoire et la durée de l’audit : identifier le nombre d’acteurs stratégiques minimal à auditer afin d’estimer la durée nécessaire d’audit… et donc celle du stage (3, 5 ou 6 mois, selon le cas) ; définir un territoire et un thème réalistes au regard du temps disponible car un thème trop large présente le risque d’être difficile à traiter sur 3 mois, par exemple.

  3. Clarifier l’encadrement avec AgroParisTech en précisant les modalités et la disponibilité des superviseurs.

  4. Préparer les partenaires à la démarche spécifique de l’audit patrimonial et à ses modalités de restitution.

 

Alexandra : Que diriez-vous en conclusion ?

Hélène :  La réalisation d’un audit patrimonial par un stagiaire représente une véritable opportunité pour le CPIE :

  • S’initier à l’approche patrimoniale et à la facilitation de l’action commune

  • Se positionner comme partenaire stratégique, en apportant au territoire une démarche innovante

  • Renforcer la visibilité du CPIE auprès des acteurs locaux

  • Optimiser le budget

L’accompagnement de l’Union nationale et d’AgroParisTech s’est avéré précieux pour piloter l’audit, en définir le sujet et sélectionner les acteurs à auditer.


À SAVOIR : LES DIFFERENTS MOYENS DE REALISATION D’UN AUDIT PATRIMONIAL

1. Groupe d’étudiants AgroParisTech (2ᵉ ou 3ᵉ année)

  • Composition : une vingtaine d’étudiants encadrés par deux enseignants.

  • Période : avril ou décembre.

  • Format : audit à grande échelle en avril (environ 100 entretiens) / mini-audit en décembre (environ 40 acteurs rencontrés)

  • Budget indicatif : environ 12 000 €

2. Stagiaire AgroParisTech

  • Profil : étudiant de 2ᵉ année, en année de césure ou de 3ᵉ année.

  • Encadrement : assuré par un enseignant ou un superviseur AgroParisTech.

  • Durée : 3, 5 ou 6 mois, correspondant respectivement à environ 20, 40 ou 50 entretiens réalisés.

  • Budget estimatif : entre 5 000 et 10 000 €, selon la durée du stage et les conditions d’hébergement et de déplacement.

3. Commande auprès d’un facilitateur stratégique professionnel

  • Description : réalisation de l’audit par un expert externe.

  • Coût : supérieur aux formats étudiants, variable selon le nombre d’acteurs impliqués et le périmètre d’étude.

4. Expérimentation par le CPIE lui-même

Le CPIE peut également mener des entretiens individuels auprès des acteurs du territoire, à partir d’une grille IDPA simplifiée. Cette démarche a pour objectif d’identifier les dimensions stratégiques globales des problématiques locales et d’initier une dynamique collective.

Dans ce cadre, cette étape est qualifiée de recueil des perceptions des acteurs, inspirée de la méthodologie de l’audit patrimonial. Elle suppose que les personnes impliquées soient accompagnées ou formées à la méthode d’audit patrimonial, afin de garantir une démarche stratégique et innovante conduite dans le respect d’une posture déontologique, favorisant l’écoute active et la prise en compte de la diversité des points de vue et des dimensions du territoire.

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