A CHACUN SON CHEMIN

Collonge-la-Madeleine, crédit photo : John-Grégoire, wikipédia

Un parcours d’analyse du modèle socio-économique s’inscrivant dans la trajectoire d’évolution du CPIE Pays de Bourgogne

Découvrez comment le CPIE Pays de Bourgogne, à travers l’étude du MSE, a nourrit sa stratégie pour renforcer son ancrage territorial et affirmer son positionnement en tant que facilitateur de l’action commune.

Interview de Thérèse Nguyen, directrice du CPIE Pays de Bourgogne par Alexandra Guitton de l’Union nationale des CPIE

Le CPIE Pays de Bourgogne, association labellisée depuis 1996, accompagne le développement durable de son territoire depuis 1927. C’est l’association doyenne du réseau. Historiquement reconnu comme un acteur majeur de l’éducation à l’environnement – à travers des animations scolaires et des activités de loisirs –, le CPIE élargit depuis plusieurs années son champ d’action vers l’accompagnement de projets de territoire.

 

Alexandra : Ces cinq dernières années, comment le CPIE Pays de Bourgogne a-t-il fait évoluer son action auprès des territoires ?

Thérèse : L’association a combiné plusieurs dynamiques complémentaires :

  • le développement d’une stratégie d’interconnaissance avec les intercommunalités, centrée sur les enjeux du territoire et les besoins des partenaires,

  • une approche par enjeux plutôt que par thématiques, favorisant le décloisonnement et la transversalité des actions,

  • des collaborations concrètes et durables, comme celles avec la Communauté de communes du Grand Autunois Morvan, à travers la mise en œuvre de projets concrets (outils pédagogiques pour la restauration collective dans le cadre du PAT, actions d’animation de la vie locale, etc…) ; et plus récemment, avec le Grand Chalon autour du Plan Eau.

Ces coopérations ont permis au CPIE d’être identifié par de nouveaux acteurs locaux, qu’il s’agisse du secteur de la santé, du monde agricole ou des associations socio-éducatives.

Alexandra : Quels sont les enjeux et les ambitions du CPIE Pays de Bourgogne dans l’élargissement de son rôle au-delà de l’éducation à l’environnement ?

Thérèse : Le CPIE Pays de Bourgogne dépasse aujourd’hui son rôle historique d’éducation à l’environnement pour devenir un acteur clé de la transition écologique et solidaire sur son territoire. Cette évolution vise à consolider son modèle socio-économique, renforcer l’impact de ses actions et donner plus de sens à son engagement. Pour y parvenir, l’association concentre ses efforts sur des territoires prioritaires, encourage les synergies entre projets, optimise ses ressources et ambitionne de développer des partenariats durables avec les collectivités.

 

Alexandra : Quelles démarches le CPIE Pays de Bourgogne a-t-il mis en place pour répondre à ces enjeux ?

Thérèse : Pour accompagner son évolution, le CPIE Pays de Bourgogne a engagé plusieurs démarches structurantes.

  1. En 2024, des entretiens individuels menés par une bénévole auprès des salarié·es ont permis de recueillir leurs retours d’expérience et d’identifier les difficultés rencontrées.

  2. Ces échanges ont conduit à la création de groupes de travail internes pour améliorer les process, mieux répondre aux demandes et renforcer la qualité des interventions.

  3. Enfin, entre mars et juin 2025, le CPIE a bénéficié d’un accompagnement dédié à l’étude de son modèle socio-économique (MSE), afin de consolider sa stratégie et sa dynamique partenariale.

 

Alexandra : Quels ont été les impacts de cet accompagnement MSE pour le CPIE, sa gouvernance et ses salarié·es ? 

Thérèse  : Le parcours MSE a enrichi nos réflexions grâce à la méthodologie et aux échanges avec l’ADASI et les autres CPIE.

En mobilisant ensuite le conseil d’administration et les équipes, le parcours MSE a agi comme un véritable accélérateur :

  • clarification du positionnement du CPIE,

  • valorisation de ses missions,

  • soutien à la restructuration RH,

  • et appropriation facilitée des nouveaux outils et process.

Il a aussi renforcé la réflexion stratégique en réunions d’équipe et rendu les décisions RH plus compréhensibles et acceptées.

 

Alexandra : Quels ont été les résultats concrets de la réflexion autour du MSE ?

Thérèse : La réflexion sur le modèle socio-économique du CPIE a fait émerger des enjeux majeurs autour des missions de la structure, des richesses humaines (compétences, organisation, recrutement) et des relations partenariales.

  • Trois Domaines d’Activités Stratégiques ont été redéfinis : l’accompagnement des acteurs du territoire, la sensibilisation et le développement du pouvoir d’agir des particuliers, et la gestion du centre d’hébergement.

  • La formalisation des DAS permet de s’interroger sur le sens et la valeur créée pour chaque projet (les spécificités, les enjeux, les partenaires, les impacts...) et d’identifier les enjeux et les besoins prioritaires de la structure.

  • Cette démarche s’est traduite par plusieurs actions concrètes : restructuration des missions, recentrage sur les activités stratégiques, appropriation d’un outil de cadrage de la demande pour clarifier les objectifs et renforcer le travail en mode projet, et fin de la restauration scolaire tout en maintenant l’accueil des classes vertes.

  • Un nouveau poste a été créé pour dynamiser les activités du centre d’hébergement.

  • Il a également permis de mieux définir le rôle du CPIE auprès des partenaires : la présentation du CPIE à travers ses trois domaines d’activités offre une vision synthétique et plus lisible de son rôle, tout en mettant en évidence sa valeur ajoutée. Elle favorise ainsi un dialogue constructif autour des besoins de la collectivité dans lesquels l’ambition de l’association peut s’inscrire.

  • Enfin, la réalisation d’une cartographie des partenaires et la mise en place d’une stratégie de veille territoriale visent à mieux connaître les acteurs locaux et à identifier de nouveaux projets à co-construire.

 

Alexandra : Selon vous, comment l’évolution du CPIE vers un rôle de facilitateur de l’action commune impacte le MSE ?

Thérèse : Le rôle de facilitateur de l’action commune agit sur les trois dimensions de notre modèle socio-économique :

  • Richesses humaines : la facilitation étant une posture transversale qui s’intègre dans tous les domaines d’activité, elle peut amener à repenser l’organisation et la structuration des équipes. Cela invite à réfléchir aux compétences à mobiliser et développer.

  • Partenaires : il transforme la relation avec les acteurs, passant de prestataire à partenaire pour expérimenter ensemble de nouvelles approches. Il repose sur une bonne connaissance du territoire et une dynamique partenariale solide, visant à diagnostiquer des problématiques environnementales complexes et à les améliorer par un mode d’actions en commun.

  • Financement : la mobilisation et la structuration de coconstruction autour d’un problème identifié implique un modèle économique différent du financement classique par projets prédéfinis. Elle peut combiner des lignes de financement existantes et explorer de nouvelles sources.

 

Alexandra : Comment l’analyse de son modèle socio-économique constitue un levier pour le projet stratégique du CPIE ? 

Thérèse : La réflexion sur les Domaines d’Activités Stratégiques a mis en lumière trois enjeux principaux : renforcer notre influence sur les transitions écologiques, requalifier les activités du centre d’accueil et renouveler la dynamique associative pour renforcer notre capacité à agir. Ces travaux ont abouti à la définition d’orientations stratégiques et d’un plan d’actions.

 

Alexandra : Que diriez-vous en conclusion ?

Thérèse : En conclusion, trois points clés se dégagent :

  1. Prendre le temps de réfléchir à son MSE est une étape essentielle pour construire la stratégie future de l’association, en cohérence avec ses missions et ses objectifs. Les réflexions menées autour du MSE constituent des éléments clés du projet stratégique.

  2. Le suivi du parcours MSE par un trinôme administration-direction-salarié constitue un levier important pour diffuser cette dynamique au sein de la gouvernance et de l’équipe salariée. Son efficacité dépend avant tout de la confiance et de la qualité du dialogue entre les membres.

  3. Enfin, un enjeu majeur reste la confiance des acteurs du territoire envers le CPIE pour expérimenter de nouvelles démarches, comme la facilitation de l’action commune.

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