Replay du Rendez-vous à la FAC du 7 mai 2026 sur le lien entre expertise et facilitation.

Ce webinaire ouvre un cycle de trois sessions d’échanges dédiés à l'articulation entre posture d'expert et posture de facilitateur au sein des CPIE. La question centrale de ce premier épisode concernait la manière dont se construit dans le temps et en lien avec ses expertises, la légitimité du CPIE à adopter une posture de facilitation de l'action commune. Laurent Desnouhes du CPIE Sèvre et Bocage et Elise Coutable du CPIE Chablais Léman nous ont partagés leurs vécus.

Le CPIE Sèvre et Bocage dispose de vingt ans d'expertise sur le bocage (plantations, inventaires, plans de gestion des haies) qui ont assis la crédibilité et la neutralité du CPIE, au point que la DDTM l'a sollicité pour animer un collectif multi-acteurs départemental sur le sujet. La démarche a évolué vers un programme structuré (collectif Bocage et Boisement, 25 structures, financement Fonds verts). L’accueil d’un audit patrimonial mené par des étudiants AgroParisTech grâce au concours de l'Union nationale des CPIE a été décisif. Cela a permis de révéler une problématique centrale : l'absence de définition partagée de ce qui fait la qualité du bocage, nœud à lever pour avancer collectivement.

Le CPIE assume un rôle de "fusible" au sens positif du terme ; celui qui fait passer le courant entre les acteurs et prend les risques. L’équipe du CPIE s’est désormais structuré en trois niveaux autour du bocage : des experts thématiques, une coordinatrice du collectif, un directeur sur les relations institutionnelles, rôle distinct et tout-à-fait stratégique dès lors qu’on y consacre bien le temps nécessaire. Ce triptyque de rôle permet dans le cas du CPIE Sèvre et Bocage de créer des synergies entre postures d’expertise et de facilitation.

Le CPIE Chablais - Léman s'est engagé quant à lui sur l'alimentation durable sans véritable expertise technique, suivant plutôt sa veille et son intuition : un besoin du territoire et une thématique transversale porteuse. L’organisation des Rencontres de l'alimentation durable a été la porte d'entrée, puis l’expertise s'est construite progressivement, par la connaissance des acteurs et des enjeux locaux.

Le CPIE est aujourd'hui intégré dans les comités de pilotage des politiques alimentaires territoriales et porte la création d'un conseil local de l'alimentation à l'échelle de trois intercommunalités. C’est donc une double posture qui s’est construite dès le début : l’expertise s’est développée au gré de l’adoption de la posture de facilitation de l’action commune, posture qui d’ailleurs est bien appropriée par les bénévoles du CPIE qui en sont les ambassadeurs auprès des acteurs du territoire.

Les deux témoignages montrent qu'expertise et facilitation se nourrissent mutuellement : aucune ne précède systématiquement l'autre. La légitimité du CPIE se construit dans le temps long, par la mise en œuvre d'actions concrètes et un ancrage identitaire fort sur des sujets à résonance locale (bocage, alimentation). C'est précisément cet ancrage qui fonde la posture de neutralité du CPIE et lui confère une crédibilité singulière pour faciliter l'action commune. Fort de cette double légitimité — technique et relationnelle —, le CPIE est aussi en mesure d'orienter ses partenaires, collectivités en tête, vers les leviers de financement adaptés à une dynamique multi-acteurs.

Regardez le replay du RDV à la FAC du 7 mai 26

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Cinquième vidéo de la série "À la recherche de l'intérêt commun pour la gestion du vivant", avec le CPIE Terres Toulousaines

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