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Colloque national « Eau & changement climatique » : des pistes d'actions intéressantes pour les CPIE

Partenaires privilégiés pour les CPIE dans la sensibilisation des publics et l’accompagnement des territoires sur la préservation de la ressource en eau, les agences de l’eau et leurs comités de bassin ont organisé un colloque à Lyon le 15 novembre dernier dans le cadre des Assises de l’eau.

Les 7 comités de bassin, qui regroupent les différents acteurs de l’eau dans les territoires, ont défendu leur modèle de gestion vieux de 50 ans et se sont accordés sur le constat qu’il existe aujourd’hui une vulnérabilité généralisée des territoires, en proie aux sécheresses et aux inondations.

Les agences de l’eau veulent favoriser le passage à l’action grâce à leur 11e programme d’intervention 2019-2024.

> Un dérèglement climatique qui bouleverse le cycle de l’eau

D’ici 2070, les experts du climat estiment que les ressources en eau se feront plus rares, de l’ordre de 10% à 50% de débit d’étiage en moins pour les grands fleuves français et jusqu’à moins 30% pour les nappes. La réduction des débits et des ressources entraînera mécaniquement une plus grande concentration des polluants dans les milieux aquatiques. Avec davantage de fortes pluies en hiver et au printemps et moins de pluie en été et en automne, la variabilité des précipitations sera grande. Les températures atmosphériques grimperont de 2 à 5 degrés et les sols agricoles souffriront de l’augmentation de 10% à 30% de l’évapotranspiration, en particulier en automne. Et pour les régions littorales la montée des eaux pourrait atteindre jusqu’à 1 m sur les côtes françaises.

Les présidents des comités de bassin ont affirmé que le changement climatique constitue aujourd’hui la préoccupation principale des français pour l’environnement, devant la biodiversité et la qualité de l’eau potable.

> 7 plans de bassin pour s’adapter au changement climatique

Des solutions pour s’adapter au changement climatique sont déjà bien identifiées dans les plans d’adaptation au changement climatique adoptés par les 7 comités de bassin métropolitains. Ces documents identifient les phénomènes auxquels il faut se préparer, offrent un cadre et des actions concrètes pour agir.

Pour s’adapter à la raréfaction de la ressource, tout en essayant de l’atténuer, l’éventail des mesures à prendre est large : lutter contre le gaspillage en réparant le réseau de distribution, réduire l’utilisation d’intrants pour protéger les nappes, enrayer l’imperméabilisation des sols en prévoyant noues drainantes et parcelles d’infiltration, préserver les zones humides qui permettent de stocker de l’eau... Parallèlement les agences de l’eau essayent de promouvoir de plus en plus des solutions qui s’appuient sur la nature plutôt que sur la construction d’ouvrages, car elles sont moins onéreuses.

> 500 millions d’euros par an d’investissement par les agences de l’eau

L’essentiel des actions d’adaptation préconisées dans le domaine de l’eau peut prétendre à une subvention des agences de l’eau. Leurs programmes d’intervention sont des leviers financiers pour stimuler la dynamique : au titre de leur 11e programme (2019-2024), les agences de l’eau investiront près de 500 M€ par an pour des opérations contribuant à l’adaptation au changement climatique. Patricia Blanc, directrice de l’agence de l’eau Seine-Normandie, a insisté sur le fait d’avoir une « solidarité nationale entre bassins versants dans un contexte budgétaire tendu » avec l’idée de « se tourner vers l’intelligence des acteurs de terrain et arriver à une culture commune ». Il reste encore cependant de nombreux conflits d’usages à désamorcer (irrigation, refroidissement des centrales nucléaires ou encore la fabrication de neige artificielle dans les stations de ski).

Le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy, intervenant à ce colloque, s’est dit "attaché" à ce modèle de gestion décentralisée de l’eau. Mais "ça ne veut pas dire qu’il faut rester figé, en termes de missions et de ressources", a-t-il ajouté. Selon lui, des modes de financement pérennes restent notamment à trouver pour le nouvel établissement public qui doit naître, au 1er janvier 2020, de la fusion de l’Agence française pour la biodiversité et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, via le redéploiement de ressources existantes ou la création d’une nouvelle taxe.


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